Toyota Rav4, l’âge adulte

Pionnier des 4 x 4 de loisirs compacts

Le Toyota Rav4 change de génération mais aussi de registre pour résister à la concurrence et suivre l’évolution de sa clientèle

Toyota Rav4, l’âge adulte
Toyota Rav4

Toyota voudrait accompagner l’évolution des clients du Rav4 précédent, l’initiateur du segment des 4 x 4 compacts, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. En prenant de l’âge, le Rav4 change de dimension et se prive désormais d’une version 3 portes si appréciée des femmes. Le constructeur nippon affirme pourtant qu’il ne s’agit là que d’une situation temporaire et qu’un petit SUV rejoindra la gamme dans un avenir proche. En attendant, le Rav4 est passé du statut de deuxième véhicule du foyer ou de véhicule à vocation essentiellement urbaine à celui de première voiture à vocation familiale. Autrefois reconnu pour son caractère ludique et pétillant, le Rav4 s’est assagi comme en témoigne sa ligne passe partout.

Signe de son nouveau positionnement, le Rav4 est plus grand que son prédécesseur. Il s’est allongé de 145 mm, dont 70 mm au profit de l’empattement, et élargi de 80 mm. Les occupants, notamment à l’arrière, en sont les principaux bénéficiaires. On attendait toutefois une meilleure accessibilité aux places arrière et une place centrale plus accueillante d’un véhicule qui revendique un habitacle en hausse de 85 mm. Passé le handicap du hayon à ouverture latérale, le coffre à double fond illustre la vocation familiale du nouveau Rav4. Le volume, fonction de la position de la banquette qui coulisse sur 165 mm, augmente de 47 % pour s’établir à 586 litres grâce notamment à la nouvelle suspension dégageant un espace supplémentaire au sol de 230 mm. Depuis le coffre, le système Easy Flat permet de rabattre la banquette arrière sans retirer les appuis-tête pour former un plancher presque plat et atteindre 1 469 litres de capacité de chargement. Tout y est donc parfaitement agencé mais sans fantaisie. La présentation de qualité passe par une planche de bord à deux niveaux et séparée au milieu par une colonne verticale gris métallisé. Dix versions figurent au catalogue et la dotation s’adapte aux standards des meilleurs berlines du moment : détecteur de pluie et allumage automatique des projecteurs, climatisation bi-zone, 9 airbags dont un protège genoux pour le conducteur, une première pour le segment, système d’ouverture et de démarrage sans clef. La version D4-D 170 ajoute la caméra arrière d’aide au stationnement, la sellerie cuir, le GPS et les sièges chauffants.

Les deux moteurs diesels issus du même bloc que nous avons essayé vont représenter l’essentiel des ventes en France. Silencieux et élastique, le 136 ch avec 310 Nm de couple se place parmi les meilleurs moteurs de sa catégorie. Gérée par le système de contrôle actif de conduite, la tenue de route accomplit des progrès sensibles mais certaines situations mettent en lumière le faible maintien latéral des sièges et l’amortissement trop lâche. Selon les besoins et l’adhérence, le Rav4 passe d’un 4 x 4 à une traction avant, la distribution du couple oscillant entre 100/0 et 55/45. Pour traverser les chemins creux, le Rav4 peut compter sur le blocage manuel interpont.

Troisième modèle du groupe à recevoir le D4-D 177 Cleanpower, le Rav 4 devient vrombissant, au détriment de l’homogénéité. On peut regretter que cette mécanique ne s’exprime pas avec une boîte automatique qui rehausserait le raffinement d’un véhicule qui vise rien moins que des véhicules plus huppés. Réduisant à néant les rejets d’oxyde d’azote et les émissions d’hydrocarbures, cette version “propre” se signale par l’absence de roue de secours due à la présence de pneus “Runflat”. En relevant l’ensemble des prestations du Rav4, Toyota fait le pari de suivre la montée en gamme de ses clients. A partir de 27 990 euros.

Sylvain Reisser