Piscine à demeure

VOUS SOUHAITEZ ÉQUIPER VOTRE RÉSIDENCE SECONDAIRE D’UNE PISCINE ? MODÈLES, MATÉRIAUX, PLACE, BUDGET… POUR Y VOIR PLUS CLAIR, SUIVEZ BIEN NOS CONSEILS AVANT DE PLONGER !

Longtemps considérée comme un rêve inaccessible réservé à quelques privilégiés, la piscine s’est aujourd’hui largement démocratisée : en dix ans, le parc français a doublé. Chaque année, on recense 45 000 nouveaux propriétaires en moyenne, quelle que soit la taille de leur bassin.

Enterrée ou hors-sol ?

La piscine enterrée est la piscine par excellence, celle qui est faite pour durer. C’est la vedette incontestée de nos jardins. On l’aime paysagée, façon bassin de nage, ou petite citadine en terrasse, minérale et contemporaine, comme suspendue entre terre, ciel et mer… Le choix du matériau varie selon le

modèle convoité : le béton, pour une forme “sur mesure” ; le carrelage, dont la durée de vie est quasi-illimitée mais qui s’avère long et délicat à poser sur un fond irrégulier ; les panneaux industrialisés (en acier, polymère, aluminium ou béton précontraint), pour une grande souplesse d’assemblage – l’idéal pour les bassins en courbe ; enfin, les coques préfabriquées en polyester. Les dimensions de piscine enterrée les plus courantes sont 8 x 4 m, 9 x 4 m, 10 x 5 m et 12 x 6 m, pour une profondeur de 1,40 à 1,50 m. Sachez que, a priori, toutes les dimensions sont réalisables, mais il faut bien penser au prix, à l’espace disponible et au nombre d’usagers potentiels. Côté budget, le prix d’un modèle enterré dépend avant tout des matériaux utilisés. Les panneaux permettent une grande souplesse d’assemblage (de 5 000 à 45 000 euros). Les coques préfabriquées sont modulables et rapides à installer, mais leurs dimensions restent limitées par les difficultés que pose leur transport (de 15 000 à 25 000 euros). Le béton, quant à lui, permet évidemment les compositions sur mesure les plus variées, mais il reste le plus onéreux (à partir de 25 000 euros). La piscine dite hors-sol est la plus passe-partout. Simplement posée à même le sol, comme son nom l’indique, elle devient accessible à tous les budgets. Souvent ronds ou octogonaux pour s’intégrer au mieux dans un espace limité, les bassins hors-sol sont également peu profonds, de 1,10 à 1,60 m au maximum. En PVC ou en acier, ils font généralement entre 3 et 6 m de diamètre, ou jusqu’à 8 m de long. En bois, ils sont la plupart du temps rectangulaires ou octogonaux, et peuvent atteindre jusqu’à 10 m de long. Les piscines hors-sol sont vendues en kit à monter soi-même ; mais pour les grands modèles et ceux réalisés sur mesure, mieux vaut faire appel à un installateur envoyé par le fabricant ou le revendeur. Dans cette gamme de bassins prête à l’emploi, le choix est plutôt limité et la fourchette de prix, assez large : comptez de 700 à 10 000 euros.

L’emplacement : un choix-clé

La piscine doit se situer près d’un point d’eau (pour faciliter le remplissage) et d’une prise électrique extérieure (pour brancher le système de filtration). Elle doit aussi être placée de manière à se trouver en plein soleil, les trois quarts de la journée. D’autre part, la loi du 1er janvier 2006 impose une distance de sécurité d’au moins trois mètres entre les limites du jardin et la piscine. Enfin, le bassin doit être à bonne distance des grands arbres, pour éviter qu’il ne soit recouvert de feuilles, aiguilles ou résine.

Le bassin prend des couleurs

Le bleu clair a longtemps été la seule couleur des piscines et reste un grand classique. Mais d’autres couleurs lui font désormais de l’ombre. Ainsi, le vert Caraïbes donne à l’eau des reflets turquoise plus foncés. Avec un “liner” (enduit recouvrant l’intérieur du bassin) beige, l’eau devient transparente comme celle d’un lagon. Les teintes foncées sont aussi très à la mode : elles créent un effet miroir qui reflète le paysage et donne de la profondeur à l’eau.

Des abords soignés

On passe souvent plus de temps autour de l’eau que dedans. La “plage”, c’est-à-dire l’entourage direct du bassin, doit donc être belle, mais aussi douce sous les pieds et antidérapante. Pour être confortable, elle doit mesurer au moins un mètre de large. Son revêtement doit être choisi autant pour ses caractéristiques techniques que pour son esthétique, en harmonie avec la maison, le jardin et la végétation environnante. Vous aurez ainsi l’embarras du choix entre la pierre naturelle (de 30 à 100 euros le m2 chez Point P, Rocamat), la pierre reconstituée (de 40 à 70 euros le m2 chez Lib Industries, Stradal, Weser), les terres cuites (de 30 à 80 euros le m2 chez Rairies Montrieux, Terca), ou tout simplement le bois (de 60 à 140 euros le m2, chez Lapeyre la maison ou Multi Wood).

Des pavés pour la plage ?

Le choix d’une plage de piscine est déterminé autant par l’esthétique que par le confort d’utilisation. La plage immergée permet de descendre en douceur dans l’eau et d’apprendre à nager aux plus jeunes. Son matériau ne doit pas être agressif sous les pieds. L’escalier, souvent lieu de convivialité et de jeux, invite aussi à s’asseoir dans l’eau. Il doit être brossé régulièrement pour ne pas devenir glissant. Enfin, l’échelle a un côté sécurisant et facilite l’immersion. Le revêtement autour de la piscine doit être complémentaire de celui du bassin. Le bois est doux sous les pieds et ne chauffe pas au soleil, mais il nécessite un entretien régulier. La pierre naturelle ou reconstituée peut aussi être un bon choix, à condition d’éviter le blanc, trop éblouissant.

TOUT POUR LA SÉCURITÉ

Bien respecter les normes en vigueur

Depuis le 1er janvier 2006, la loi impose à tous les propriétaires de piscine enterrée ou semi-enterrée d’équiper leur bassin d’un système de sécurité. Vous avez le choix entre : des barrières de protection (de 50 à 150 euros) une alarme (de 150 à 1 200 euros) une couverture de sécurité (à partir de 25 euros le m2) un abri (de 3 500 à 27 400 euros) Attention, un système conforme aux normes en vigueur doit être estampillé NF.

LES BONS GESTES

Comment chauffer pour en profiter toute l’année ?

Les capteurs solaires. Leur surface doit être d’au moins 50 % de la superficie du plan d’eau. La pompe à chaleur. Elle capte les calories de l’air pour les transférer à l’eau de la piscine. Le réchauffeur électrique. Pour être rentable, il doit fonctionner au tarif heures creuses d’EDF. La chaudière indépendante. Elle se destine plus particulièrement aux grands bassins.

UNE ALTERNATIVE ÉCOLOGIQUE

La piscine naturelle

Le plan d’eau naturel exige la construction de deux bassins : l’un réservé à la baignade ; l’autre, au nettoyage de l’eau. Placé en surplomb, cet étang d’épuration est parsemé de plantes dont les racines agissent comme un filtre biologique et bactériologique. Tout un écosystème se met alors en place, agrémenté d’une petite cascade qui oxygène l’eau et la renvoie propre dans le bassin de nage. Niveau entretien, il suffit de couper une fois par an la partie aérienne des plantes et de ramasser les feuilles mortes. Seul un professionnel (Bioteich, Biotop, Bionova ou Elodee) est habilité à installer ce type de piscine, sur un terrain d’au moins 60 m2 (budget à partir de 600 euros le m2).

JUDITH MATHON