Le Finistère

Entre terre et mer

Caractère et élégance sont les atouts majeurs du premier département côtier de France. Sept spécialistes analysent l'évolution de ce marché typique de la résidence secondaire.

Les intervenants : Alain-Henri Dufour Terre Marine, Claude Le Garo Le Garo Immobilier, Eric Sinet Team Ouest immobilier, Laurence Demilly Guy Hoquet Landerneau, Loïc Boilevin Pierres et Mer, Roselyne Bothorel Demeures du littoral, Thomas Chailloux Chailloux Immobilier.

Le Finistère

Des îles, des archipels, mais également Quimper, Châteaulin, Brest, Sainte- Marine, Bénodet et Concarneau… les principales communes du Finistère évoquent une tradition bretonne solidement ancrée à ses ports de pêches, ses parcs naturels, ses manoirs, son patrimoine religieux. Bordé au nord, à l’ouest et au sud par la Manche et l’océan Atlantique, le Finistère est le premier département côtier de France, avec 118 communes littorales, et 1 250 km de côtes. Ces atouts touristiques expliquent son attractivité et la forte présence de résidences secondaires sur son territoire. Réunis à Quimper, sept professionnels de l’immobilier nous décrivent la situation du marché régional.

Le bal de l’attentisme

À l’heure des bilans de l’année 2008, la crise financière n’a épargné aucun secteur, et l’immobilier a été touché comme d’autres par une baisse de l’activité. “Nous avons ressenti un ralentissement à partir de Pâques 2008”, note Claude Le Garo (Le Garo Immobilier). Même constat chez Eric Sinet (Team Ouest immobilier). “C’est en milieu d’année que nous avons constaté une décrue. La tendance actuelle est de pouvoir faire passer des demandes à des prix plus raisonnables.” Dans un contexte économique incertain, l’aspect financier est bien sûr au coeur des inquiétudes pour nos intervenants. “Avec 100 % de hausse en six ans, ça ne pouvait pas durer éternellement, souligne lucidement Loïc Boilevin (Pierres et Mer). Mais nous ne sommes pas dans la même situation qu’en 1991, période durant laquelle les gens ne voulaient plus acheter. Aujourd’hui, ils veulent toujours acquérir, mais ils sont devenus attentistes, car sensibilisés par les messages des médias sur la crise. Le véritable problème à mes yeux est la crise de confiance relayée par les banquiers, qui découragent de nombreux acquéreurs alors que la pierre doit toujours être une valeur refuge”, ajoute-t-il.

Diversité de biens et de prix

Avec ses résidences près de la mer, le Finistère a tous les atouts pour satisfaire les demandes les plus éclectiques. Une grande diversité de prix et des biens très variés. Pour Eric Sinet, “l’échelle de prix est très large. En partant du studio à Quimper à 30 000 €, jusqu’à la demeure de caractère de un à deux millions d’euros.” Entre ces deux extrêmes, Thomas Chailloux (Chailloux Immobilier) précise qu’“aujourd’hui, on peut trouver une résidence secondaire en allant jusqu’à 3 ou 4 kilomètres du littoral ; c’est ce que l’on appelle la plage à vélo. Il s’agit de maisons récentes et quelques néobretonnes des années 70. Si l’on veut acheter une résidence secondaire sur le pays de Fouesnant, on peut trouver, à partir de 200 000 €, une maison de 80 m2 des années 70, située à 2 km de la plage.” Autres exemples cités par Alain-Henri Dufour (Terre Marine) “des maisons au port de Doëlan, disposant d’une vue sur la mer, 170 m2 habitables, avec 700 m2 de terrain pour 450 000 €”. Quant à Laurence Demilly (Guy Hoquet Landerneau), elle évoque “des demandes en centre-ville se portant sur des maisons atypiques, comme un bien de 140 m2 avec 200 m2 de terrain à Landerneau pour 280 000 €, mais également des demandes sur d’anciens corps de ferme à restaurer en partie ou complètement.

Les Franciliens en tête

Relier Paris à Brest et Quimper en 3 heures par le TGV : c’est l’objectif poursuivi, à l’horizon 2012, par la communauté régionale. En attendant, le Finistère bénéficie de dessertes ferroviaires et aériennes, de liaisons en ferry, d’un excellent réseau routier, raccourcissant sans cesse les distances. “Notre clientèle est essentiellement francilienne, mais nous avons également des acquéreurs du Nord, sans oublier des Belges et des Néerlandais”, témoigne Roselyne Bothorel (Demeures du littoral). Claude Le Garo explique : “nous avons trois types de clientèle. Tout d’abord, les jeunes ménages de 30/35 ans attirés par la construction neuve sur terrain ; ensuite, les retraités qui viennent de la région parisienne, qui représentent 25 à 30 % en transfert de patrimoine pour habiter à l’année et, enfin, la clientèle de la résidence secondaire qui est composée de nombreux Brestois et à 50 % d’habitants de la région parisienne.” Concernant le bord de mer et le pays de Fouesnant, “la clientèle est composée avant tout de retraités et de Franciliens”, confirme Eric Sinet. Si Bénodet et Sainte-Marine font partie des secteurs les plus recherchés pour nos intervenants, les atouts du Finistère sont multiples. “C’est une région que les gens considèrent avant tout comme authentique, assure Alain-Henri Dufour. Certains viennent ici chercher leurs racines. Leur rêve, c’est d’amener les petits-enfants à la plage.” Roselyne Bothorel est catégorique : “c’est surtout l’environnement et la tranquillité qui sont les principaux critères recherchés. La beauté de la côte, l’île de Bréhat, les endroits privilégiés... On voit même des gens du Midi venir en Bretagne pour son calme et sa sécurité.” Thomas Chailloux complète : “la diversité bretonne, de la côte Nord au Morbihan, c’est que l’on découvre de nouveaux paysages en très peu de kilomètres. Peu de régions françaises offrent cela.”

Optimisme pour l’avenir

Enfin, en matière de perspectives d’évolution du marché immobilier, s’il est difficile de se lancer dans les pronostics, la majorité des intervenants de la table ronde se montre plutôt confiant : “Je sens un frémissement depuis la fin décembre, avec un bon démarrage et de bonnes visites” se réjouit Roselyne Bothorel. “Le marché est dynamique”, assure également Loïc Boilevin. De son côté, Claude Le Garo souligne, en guise de conclusion : “notre profession a été touchée au moment où nous étions au sommet des prix. Pour l’immobilier, on nous annonce une année très difficile ; en ce qui me concerne, je pense plutôt que l’on va poursuivre sur la tendance actuelle, avec des prix et des demandes plus modérées. Le plus dur est derrière nous.”

Olivier Marin