La meilleure manière de composter

C’est décidé. Cette année, écologie oblige, vous allez composter. Voici de bons conseils pour accompagnercette sage décision, ou comment faire le meilleur compost sans trop vous compliquer la vie.

La meilleure manière de composter

Faire son compost, c’est un peu comme faire son pain, un geste ancestral qui permet de renouer avec la nature. C’est aussi limiter la corvée qui consiste à apporter ses tontes de gazon à la déchetterie. C’est enfin récupérer un amendement de qualité qui rend les plantes plus solides et cela sans dépenser le moindre argent. Voyons comment réaliser ce programme…

Case, tas ou compostière ?

Si votre jardin ne dépasse pas 300 m2, une simple compostière suffit (comme celle que propose peut-être votre mairie). Déposez-y les tontes de gazon, les mauvaises herbes arrachées et les déchets de cuisine (hormis la viande). Arrosez de temps à autre, en vérifiant avant si l’intérieur est humide, sous 20 cm de profondeur. Ne cherchez surtout pas à extraire le compost mûr par la trappe située en bas, mais procédez à un démoulage complet au bout de trois mois, puis couvrez le tas avec une vieille bâche ou quelques sacs de toile de jute pour que la maturation se termine. Puis recommencez le processus juste à côté. Deux astuces en plus ? Posez la compostière sur une base en dur, du ciment ou quelques dalles, il sera plus pratique de prendre ensuite le compost à la pelle. Et disposez la compostière à l’abri du soleil de l’après-midi, qui pourrait cuire l’intérieur. Si votre jardin est plus grand, optez pour la case. Le plus simple consiste à récupérer quatre palettes et à agrafer du grillage fin à l’intérieur de la case formée en les réunissant. Là encore, posez le tout sur une surface en dur. Un couvercle en contreplaqué permet d’ombrager et sert aussi de plate-forme quand sera venu le moment de reformer le tas ou d’extraire le compost. On procède au démontage du tas de compost au bout de 3 mois environ, histoire de brasser les différentes couches avant de le remonter juste à côté, après avoir éventuellement arrosé. Là encore, il faut quelques semaines supplémentaires de maturation pour arriver à un compost mûr. Enfin, si votre jardin est vraiment grand, optez pour un tas à l’air libre, tout juste recouvert d’une bâche comme celle qui sert à abriter les tas de bois. Arrosez de temps à autre, une fois par mois environ, et laissez faire la nature. Au bout de 6 à 9 mois, vous pourrez commencer à extraire le compost dans la partie basse. Le reste sera jeté sur le reste du tas régulièrement alimenté.

Bon pour le compost

Si toute matière organique est bonne à jeter au compost, il faut éviter les restes de viande à cause des mouches. Le mieux consiste à diversifier les apports au maximum et à alterner le vert et le brun. Le vert, c’est tout ce qui est tendre, comme les mauvaises herbes habituelles ou les tontes de gazon, généralement riches en eau. Le brun, ce sont les tailles de haie et tout ce qui est ligneux, qu’il vaut mieux broyer au préalable (le broyeur peut se louer pour un coût modique). Le mélange des deux aboutit à un compost capable de chauffer mais restant aéré, ce qui est le but recherché. On peut jeter sur le compost le fumier du fermier voisin ou celui du poulailler, et même la litière du chat s’il s’agit d’un grand tas ou d’une case. Les feuilles mortes en automne sont un élément de choix.

Les composteurs en plastique

  • Ces composteurs en plastique sont pratiques quand le jardin n’est pas trop grand. On peut en disposer deux : un qui est en cours de remplissage, et l’autre qui finit de mûrir.
  • Quand le jardin est grand, on peut aménager un coin compost de belle taille, en l’isolant avec des planches, mais en le laissant libre d’accès pour la brouette.
  • Les enfants ont donné le coup de main pour bricoler ce coin compost avec deux anciens châssis maraîchers sans leurs vitres, et quelques bambous. Les capucines se sont invitées ensuite…

Les éléments clés de la réussite

Le compostage est un processus tout à fait naturel, qui ne demande ni ferment ni poudre de perlimpinpin. Il recopie ce qui se passe dans la nature, en forêt par exemple, quand les feuilles mortes entassées sont recyclées en humus nourricier. Le compostage permet d’accélérer les choses. On commence avec une masse critique (pas moins de 300 litres) et l’on entretient la fermentation en arrosant. C’est surtout important en été, et après la première phase de maturation qui est souvent très chaude. Il n’est pas rare qu’un compost atteigne 60°C. Si vous n’arrosez pas ensuite, il y aura blocage. L’excès d’eau ou des apports massifs de matériaux riches en eau comme les tontes de gazon fraîches sont à éviter également, car il peut se former des zones sans air, conduisant à la putréfaction. Voilà pourquoi il est bon de vérifier l’état du compost en profondeur avant d’arroser. Le nez est un très bon indicateur, tout comme la main. En pressant une poignée de compost, il ne doit pas sortir de jus, mais on ressent une impression de fraîcheur et de moelleux.

Dissimuler un composteur

  • Pour dissimuler ce composteur au fond du potager, quelques branches d’osier jaune qui se sont bouturées forment un abri improvisé.
  • Quatre palettes ont suffi à monter cette case à compost. Du grillage fin a été agrafé sur l’intérieur. Le couvercle est un panneau de contreplaqué marine.
  • Quelques planches évitent que les éléments préparatoires à un tas de compost ne se dispersent.
  • Ce genre de composteur en tambour coûte cher et n’est pas vraiment pratique. On peut s’en passer allégrement.
  • Entre 70 et 80°C, voici la température atteinte dans un tas de compost en début de maturation : germes de maladies et graines de mauvaises herbes n’y résistent pas

Par Jean-Paul Collaert. Photos D.R.

Résidences Secondaires n°49 - Octobre - Novembre 2007