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Jardinez bio (et durable)
Cultiver en harmonie avec la nature
Des traitements naturels aux produits bio, en passant pas le compost, suivez nos conseils pour pratiquer un jardinage respectueux de l'environnement.
Aujourd’hui, la notion de “durable” est présente un peu partout, mais que signifie-t-elle réellement ? Appliqué au jardinage, le durable, c’est avant tout une histoire de bon sens. Cela consiste non seulement à cultiver en harmonie avec la nature, mais aussi à recycler les déchets animaux et végétaux en un bon compost pour maintenir un sol sain et fertile, à éviter la pollution en n’utilisant aucun produit chimique et à encourager la diversité des cultures. Le jardin biologique qui résulte de cette approche est ainsi un espace naturel maîtrisé, mais pas pour autant dominé. En effet, les insectes, les oiseaux et même les mauvaises herbes y ont tous leur place, et concourent à maintenir l’écosystème en équilibre. Soignez votre sol La clé de la réussite est de partir sur des bases saines. Commencez donc par bichonner le sol de votre jardin. À force de travail et de patience, tout le monde peut obtenir une bonne terre, c’est-à-dire une matière vivante, riche en humus et équilibrée, capable de nourrir efficacement plantes et légumes. Pour obtenir ce résultat, le jardinier bio dispose de deux armes de choc : le compost et les engrais verts. Le compost est le produit d’une fermentation aérobie (ou dégradation) de débris organiques et de matières minérales. Un mélange “maison” que l’on peut réaliser facilement en stockant ses déchets biodégradables (épluchures, restes de repas, essuie-tout...) pendant six mois à un an. Le compost obtenu sera alors intégré à la terre dont il augmentera l’activité biologique, fournissant ainsi une nourriture variée et équilibrée aux plantations. C’est ce que l’on appelle la fertilisation, qui, selon les besoins de chaque plante ou légume, peut aussi s’effectuer à l’aide de fumier ou d’engrais dit “vert”. Dans ce dernier cas, chaque parcelle de terre inutilisée est semée de trèfle, d'épinard, de seigle ou de pois, ou simplement enherbée afin que le sol soit toujours couvert et ne puisse pas être “lessivé” par la pluie. Soyez prévoyant Une fois que votre sol est fertile, passez à la vitesse supérieure en pratiquant la rotation des cultures. Utilisée depuis des siècles, cette technique consiste à permuter les cultures tous les trois ou quatre ans sur une surface donnée. À tour de rôle, chaque parcelle sera ainsi occupée par des espèces ayant des besoins et des rejets différents. Cela garantit un meilleur renouvellement des ressources du sol, en permettant à la terre de se réapprovisionner en éléments minéraux tout en limitant l’apport de matière organique. Et cela rétablit également un certain équilibre, car en fonction de leurs besoins, les plantes n’exploitent pas les ressources du sol de la même façon. En pratique, pensez donc à apporter un supplément de matière organique à la parcelle destinée aux plantes les plus exigeantes. Établissez un calendrier prévisionnel pour les années suivantes, afin de savoir d’avance quelle plante convient le mieux à chaque tiers de votre jardin divisé. Autre avantage de la rotation des cultures : elle permet de lutter contre les attaques de parasites et de maladies, en favorisant une croissance plus saine et plus vigoureuse de la plante. Protégez vos cultures Car la prévention contre les maladies est un volet crucial dans la bonne tenue d’un jardin. À ce titre, les insecticides végétaux contre les pucerons ou les chenilles s’avèrent efficaces. Dilué à 3 %, un simple savon noir liquide multi-usages ne laisse aucun répit aux pucerons et autres chenilles, tandis que le cuivre et le soufre protègent vos cultures des maladies. Vous disposez également d’autres techniques pour assurer un bon développement de vos plantations : vous pouvez en effet associer des cultures qui se protègent mutuellement, planter des haies d’arbustes diversifiés, multiplier les plantes à pollen et à nectar (dont se nourrissent nombre d’insectes utiles), aménager des nichoirs et abris (pour les mésanges, hérissons, musaraignes, etc). Laissez faire la nature Comment moins désherber et moins arroser votre jardin, tout en améliorant la structure du sol et sans vous casser le dos ? En installant un paillage ! Il s’agit d’une couche de matériau protecteur (paille, foin, gazon, feuilles mortes...), posée sur le sol dans le but de modifier les effets du climat local. Ainsi, en automne et en hiver, le paillage limite considérablement le lessivage dû aux pluies. Dans le même temps, il évite le compactage et le tassement du sol. Par temps chaud, il optimise le dessèchement et conserve au sol une structure aérée : finie la terre bétonnée par le redoutable tandem oragesoleil ! Les “mauvaises” herbes sont quasiment éradiquées et le développement des légumes s’en trouve favorisé. Si vous voulez entreprendre un paillage, lancez-vous fin avril ou début mai, quand vos rangs de légumes ont déjà commencé à pousser (10-15 cm), et en automne sur les parcelles que vous avez récoltées trop tard ou sur lesquelles il n’est plus possible d’utiliser un engrais vert. Privilégiez un matériau léger non-compact, qui favorise les échanges air-eau avec le sol. Les feuilles, la paille et le compost, par exemple, sont des valeurs sûres. Les résidus de la tonte du gazon ont également des vertus intéressantes, à condition que ceux-ci ne soient pas en graine ou déjà partiellement fanés. Sachez que certains légumes se portent mutuellement assistance, en éloignant parasites et maladies, pour stimuler leur croissance : c’est le principe des cultures associées. Elles consistent à intercaler dans les rangs de légumes des plantes à odeur très forte ou des fleurs dites répulsives, qui éloigneront les insectes attirés par les couleurs, les formes et surtout les parfums que dégagent les cultures. Une technique simple pour se débarrasser des nuisibles, à mettre en oeuvre sur deux rangs maximum par légume cultivé. Pour le reste, laissez faire la nature : oeillets d’Inde, lavande, thym et sauge sont les ennemis des pucerons. Les épinards repoussent la teigne du poireau et la mouche, de la carotte. L’odeur des oignons et des poireaux est détestée par de nombreux insectes. Enfin, l’aneth éloigne la piéride du chou.
TENDANCE
La France se met durablement au vert Neuf Français sur dix possèdent des végétaux, et 58 % disposent d’un jardin privé… soit 37 millions de jardiniers amateurs potentiels. Quelque 84 % des possesseurs d’un espace vert se disent concernés par le développement durable et se mettent à cultiver de manière écologique : 72 % déclarent limiter l’usage de produits chimiques, et 51% n’utilisent que des produits d’entretien naturels. De plus, 55 % affirment produire du compost à partir de leurs propres déchets végétaux. Par ailleurs, 59 % auraient déjà mis en place un système de récupération d’eau de pluie ou envisageraient de le faire. (Source : enquête 2008 CSA-UPJ – Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts).


