Le Lot-et-Garonne

Douceur de vivre, beaux paysages, gastronomie passionnante, soleil du Sud et belles pierres. Enfin un département qui mérite d’être mieux connu. Pour l’instant il l’est moins que ses voisins (le Gers, la Dordogne) et, bonne nouvelle, les prix le savent !

Les intervenants : -Elvire Millo à Draguignan, De gauche à droite, Claude Kilburg à Fumel, Liliane Lagès à Villeneuve-sur-Lot, Jean-Pierre Çabalet à Villeneuve-sur-Lot, Emmanuelle Rouy à Casteljaloux, Franck Chatelet à Villeneuvesur- Lot, Gilbert Le Dinh à Fumel, Philippe Francès à Montayral et Christophe Luzuy à Tonneins

Quel est votre secteur d’activité ?

Emmanuelle Rouy : B.G.R. & Associés, qui existe depuis un an, est installé à Casteljaloux, à l’ouest du département. Je travaille donc un peu en Gironde et dans le Gers.

Philippe Frances : Frances Immobilier, également une toute jeune agence, se trouve à Montayral, à l’est du Lot-et-Garonne. Nous sommes aux confins de quatre départements. La Dordogne, le Lot et le Tarn-et-Garonne ne sont qu’à quelques kilomètres, et des pays bien connus, comme le Périgord et le Quercy, commencent juste à côté de Montayral.

Christophe Luzuy : Située à Tonneins et Damazan, l’agence Arobase Immobilier a six ans. Nous travaillons uniquement dans le département.

Jean-Pierre Çabalet : Je fais partie des anciens ! Çabalet Immobilier a été créé par mon père, il y a une quarantaine d’années. Nous avons aujourd’hui trois bureaux à Villeneuve-sur-Lot, à Sainte-Livrade et à Villeréal.

Franck Chatelet : Pour ma part, je fais partie des nouveaux, la Maison de l’Immobilier étant installée depuis deux ans et demi à Villeneuve- sur-Lot. Nos activités sont centrées sur ce secteur que nous connaissons parfaitement.

Liliane Lagès : L’agence Villeneuve Immobilier est évidemment installée à Villeneuve. Nous nous éloignons d’un périmètre de 20 à 25 kilomètres autour de Villeneuve, uniquement pour de très beaux produits.

Claude Kilburg : Je suis dans ce métier depuis 36 ans et je dirige l’Agence du Passage à Fumel, tout à côté de la Dordogne et du Lot.

Gilbert Le Dinh : Je dirige Albatros Immobilier, également située à Fumel, à l’est du département.

Le Sud-Ouest, c’est la campagne périgourdine, les plages des Landes… Mais le Lot-et-Garonne, c’est quoi exactement ?

E.R. : C’est le pays du bien vivre ! De Casteljaloux, on met une heure pour atteindre l’Océan, les Pyrénées sont à une heure et demie et l’on peut se rendre rapidement à Bordeaux ou Toulouse. Tout cela en bénéficiant du calme de la campagne.

J-P.Ç. : Evidemment tous les agents immobiliers de France vantent les qualités de leur région, mais nous, nous sommes vraiment sincères ! En fait, le seul problème du Lot-et-Garonne, c’est son manque de notoriété. Il est un peu le parent pauvre du Sud-Ouest, même si cette situation commence à évoluer.

F.C. : Effectivement, le Gers a bénéficié de l’énorme succès du film “Le bonheur est dans le pré”. Si le Lot-et-Garonne en a profité un peu indirectement, la région reste très méconnue. Pour preuve, il suffit de voir la mine stupéfaite et ravie des vacanciers qui passent par ici lorsqu’ils se rendent dans le Périgord, par exemple. La douceur des coteaux et la richesse des plaines en surprennent plus d’un. L’architecture des maisons est très riche, et il y a une grande diversité de paysages. J’ai habité dans pas mal d’autres régions avant de m’installer dans le Lot-et-Garonne. Et j’ai moimême pu bénéficier de la tradition d’accueil que vous réservent les gens de ce pays.

G.L.D. : Fumel est encore très peu connu. Une situation qui ne va pas durer du fait de la proximité de l’aéroport de Bergerac qui nous amène beaucoup de touristes anglais.

Sur quoi repose l’apparente grande disparité des prix dans ce département ?

C.K. : Nous sommes tout proches du Périgord et du Quercy, où les prix sont très élevés. Forcément cela se ressent à Fumel.

E.R. : Situé à l’opposé du département, Casteljaloux est un micromarché. C’est un grand village sans feux rouges, mais avec toutes les infrastructures nécessaires à la vie quotidienne. L’immobilier y a flambé depuis cinq ans. De plus, il y a peu de biens à la vente et quand les gens se décident à vendre, ils ne sont en général pas pressés. Il est donc moins facile de négocier.

P.F. : À Montayral, la différence de prix se fait entre la vieille pierre et la maison contemporaine. On trouve encore beaucoup d’anciennes fermes à restaurer.

F.C. : Les prix ne dépendent pas vraiment des secteurs, même si nous avons de beaux villages classés comme Montflanquin et Pujol où les belles propriétés atteignent des prix élevés. En dehors de ces zones, une belle propriété, qu’elle soit à cinq minutes de Villeneuve ou à 30 kilomètres, à l’est ou à l’ouest, se vendra le même prix. Les différences de prix par marché sont minimes. Par exemple, plus on se rapproche de Bordeaux, vers Casteljaloux, plus les budgets sont ambitieux. Mais les produits sont différents. Pour une même belle propriété en pierres, c’est la qualité de l’environnement, la vue, qui vont faire la différence. Et l’ancienneté, puisqu’une belle villa contemporaine se vendra beaucoup moins cher.

Le Lot-et-Garonne séduit-il autant les Anglais que le Périgord ?

F.C. : Dans le Villeneuvois, 90 à 95 % de la clientèle étrangère vient du Royaume-Uni.

P.F. : Je trouve quand même qu’il y a moins d’investisseurs anglais qu’il y a deux ou trois ans.

J-P.Ç. : La clientèle anglaise est toujours importante. En revanche, le pourcentage de clients étrangers, toutes nationalités confondues, a baissé d’environ 10 % pour ne plus représenter désormais que 30 à 40 % de ma clientèle.

L.L. : C’est vrai, les Anglais sont toujours là. Mais la nouveauté est l’arrivée de Français qui vendent leur maison sur la côte méditerranéenne pour s’installer ici, où ils trouvent le calme et la sécurité.

C.L. : À Tonneins, les Anglais sont peu présents. Ils ont été remplacés par des Parisiens et par des gens du Sud-Est. Cette clientèle est aussi bien intéressée par la vieille pierre que par la villa contemporaine à 300 ou 400 000 euros. C’est avant tout la qualité de vie qu’ils recherchent.

G.L.D. : J’ai également noté cette nette montée de la clientèle venant du sud-est de la France.

Comment voyez-vous le marché évoluer dans les prochains mois ?

J-P.Ç. : 2005 a été une année un peu tendue, mais 2006 a finalement été satisfaisante. Je pense que le marché va se stabiliser.

F.C. : Pour ma part, je ne remarque pas de baisse des prix. En revanche, nous restons un département avec une offre de maisons à vendre plus importante que chez les voisins.

L.L. : C’est vrai que nous avons un large choix de maisons à la vente. Nos acheteurs peuvent donc se permettre d’être exigeants, au risque de devoir parfois renoncer à un bien pour lequel ils ont fait une offre trop basse.

P.F. : Le Lot-et-Garonne est un pays formidable avec un potentiel énorme. Je pense qu’il faut avant tout faire connaître cette région. Ce reportage participe à cette mise en avant, je suis donc très confiant pour l’avenir

Residences Secondaires N° 44 - décembre 2006 - janvier 2007

Propos recueillis par Nicolas de Rouyn