Drôme-Ardèche

Berceau de l'authenticité

Dans une région où l'on cultive un art de vivre traditionnel et proche de la nature, dix professionnels de la résidence secondaire nous livrent leurs analyses du marché.

Les intervenants : François Lopez Immobilière Les Allées, 2/ Muriel Bourret Espanet Immobilier, 3/ Jean-Albert Caillard Espace Immo 26-07, 4/ Valérie Faure Faure Immobilier, 5/ Lionel Lajarge Solis Immobilier, 6/ Dominique Peter Aedium Immobilier, 7/ Pierre Lespets Entre Pierres et Soleil, 8/ Jacqueline Rio Drôme Patrimoine, 9/ Jean-Charles Rey Rey Immobilier, 10/ Philippe Tarriotte Tarriotte Immobilier

Situés de part et d’autre du couloir rhodanien, axe privilégié de circulation entre Europe du Nord et du Sud, les départements de l’Ardèche et de la Drôme bénéficient d’une situation privilégiée. Le Rhône, leur frontière naturelle, est en même temps leur trait d’union. À la fois opposés dans l’histoire et réunis par les richesses touristiques qu’ils offrent, la Drôme et l’Ardèche proposent une autre façon de vivre. C’est cette double attractivité que nous avons souhaité réunir à Montélimar, lors d’une table ronde sur le marché de la résidence. Une douzaine d’agents immobiliers de la Drôme et de l’Ardèche ont bien voulu prendre avec nous le pouls d’un marché régional atypique.

La réalité du marché

Entre des prix toujours élevés, des régions qui subissent quelques baisses de prix, la hausse des taux et l’allongement des délais de vente, le marché de l’immobilier à l’échelon national subit des turbulences. Si la morosité ambiante est bien comprise par nos intervenants, elle est cependant tempérée au niveau régional. François Lopez (Immobilière Les Allées) est catégorique : “Je reste convaincu que la Drôme- Ardèche ne reflète pas l’économie en général. Certes, j’observe un tassement depuis environ huit mois, mais nous avons des biens à la vente et des clients acheteurs. Notre région est avant tout prisée pour le soleil, et reste bon marché.” Un sentiment partagé par l’ensemble des participants, qui constate cependant une prudence accrue des acquéreurs. Dans un contexte troublé et relayé par les médias généralistes, “l’exigence des clients est parfaitement compréhensible” assure Jacqueline Rio (Drôme Patrimoine). Et Jean-Charles Rey (Rey immobilier) de poursuivre : “la demande se tasse en raison de cette nouvelle exigence, mais à partir du moment où le bien est de bonne qualité, il trouve preneur et à un budget conséquent.” De son côté, Muriel Bourret (Espanet immobilier) souligne : “En Ardèche comme partout, les prix ont énormément augmenté ces dix dernières années. Actuellement, il n’y a pas de baisse constatée, mais plutôt une stagnation.”

Une grande diversité de choix

Spécialisés dans les propriétés de caractère, du cabanon à la grande maison familiale, la Drôme et l’Ardèche sont d’autant plus convoitées que le soleil, la facilité d’accès et l’authenticité expliquent pour beaucoup les raisons du succès. “La demande en résidence secondaire se porte depuis toujours sur la maison de village qui a une belle cote, comme le mas en pierre”, affirme François Lopez. À titre d’exemple et afin de bien cerner le marché, Muriel Bourret évoque “la maison de village avec petite cour intérieure ou petit jardin, pour des prix qui se situent entre 200 000 et 280 000 euros”. Philippe Tarriotte (Tarriotte Immobilier) décrit autour de Grignan “des villas en bordure de village, 120 m2 habitables sur 2 000 m2 de terrain à 340 000 euros, disposant de jolies vues et qui correspondent à une demande en résidence secondaire”, tandis que Dominique Peter (Aedium Immobilier) fait part “d’un très beau mas provencal situé entre Montélimar et Crest, doté d’une belle terrasse, avec 9 000 m2 de terrain, piscine et énergie solaire pour 780 000 euros.” L’authenticité des fermes est convoitée ; Pierre Lespets (Entre Pierres et Soleil) donne l’exemple “d’une ancienne ferme fortifiée avec cour intérieure sur 5 hectares de terrain dans un emplacement exceptionnel sur la région de Crest, à 1 million d’euros”. Quant à Lionel Lajarge (Solis Immobilier), il encense la réhabilitation en citant “les fermes authentiques, des anciennes exploitations acquises avec un budget initial de 300 à 400 000 euros pour être ensuite rénovées”. Selon lui, “ce type de bien est très prisé par une clientèle de retraités ou de commerçants, qui viennent s’installer dans la région.”

Le profil des acquéreurs

En ce qui concerne la demande sur le mas ou pour un budget important, “on observe un critère récurrent : être situé à une demiheure du TGV”, indique Jean–Charles Rey, qui constate que “la clientèle vient principalement de régions où l’immobilier est cher. C’est-à-dire avant tout de Paris ou de la métropole lilloise, sans oublier les étrangers qui représentent 10 à 15 % du marché.” Pour Jacqueline Rio, “des Lyonnais, des Parisiens, et même des clients du Luberon viennent ici chercher le calme.”

Les atouts régionaux

“Ici, nous sommes à une heure et demi des pistes de ski et à une heure et demi de la mer”, rappelle Jean-Albert Caillard (Espace Immo 26-07). Cette situation géographique entre mer et montagne est évidemment un atout de poids. Auquel Dominique Peter ajoute “une qualité de vie et une nature préservée, où le foncier est sévèrement contrôlé. La Drôme est aussi le premier département bio. Si vous voulez bien manger, il faut venir en Drôme et en Ardèche. En plus, ici, on peut pratiquer les sports de nature, le VTT, les randonnées pédestres… le tourisme vert est en plein essor !”. “La Drome et l’ Ardèche sont vraiment à découvrir”, renchérit Valérie Faure (Faure Immobilier).

Le bon rapport qualité–prix

Architecture, patrimoine historique et préhistorique, musées, grottes, artisanat d’art : les richesses culturelles en Drôme- Ardèche ne manquent pas. Parmi les visites incontournables, Alba, le château de Crussol, le Pont du Diable et ses Gorges, le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche, Romans, Nyons, Dieulefit, la Tour de Crest, le Parc régional du Vercors dans la Drôme… il y a l’embarras du choix. Cette région préservée, qui dispose cependant d’importantes dessertes en transports dont l’accès par le TGV, fait partie des plus prisées dans le domaine des résidences secondaires. En plus, le rapport qualité-prix fait souvent la différence. “Si, pour une catégorie de clients, les prix sont élevés, nous restons bon marché par rapport à de nombreuses régions. Le Gard et le Vaucluse, par exemple, sont très chers et le Luberon, hors de prix”, indique François Lopez. Une analyse partagée par l’ensemble des intervenants. “Des maisons de qualité avec un terrain et une piscine autour de 400 000 euros trouvent rapidement preneurs”, souligne Jean-Albert Caillard. En guise de conclusion, Pierre Lespets se montre, lui aussi, fédérateur : “Ce qui fait la force de notre région, c’est un prix décalé à la baisse par rapport à certaines régions françaises ou européennes. Décalé par rapport aux prestations que l’on offre : le soleil, la facilité d’accès et la richesse des activités. Nous avons un bel avenir devant nous !”

Propos recueillis par Olivier Marin.