Comment mieux se chauffer ?

Réduction des émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables … Chacun peut agir en modernisant ses équipements de chauffage et en privilégiant des appareils plus économes et moins polluants pour l’environnement. Texte Séverine Pourtoux.

Comment mieux se chauffer ?

Des chaudières toujours plus performantes

La première chose à envisager, c’est de changer sa chaudière vétuste pour une chaudière plus moderne. Les derniers modèles sont plus efficaces, ils brûlent moins de combustibles (gaz, fioul) et, par conséquent, ils émettent moins de substances polluantes.

Il y a tout d’abord les chaudières à basse température. Comme leur nom l’indique, elles fonctionnent à une température plus basse que les chaudières classiques (elles chauffent l’eau du c i rcuit à 40 à 60°, voire moins pour les chaudières à très basse température, au lieu de 80/90° des chaudières plus anciennes).

Les chaudières à condensation utilisent la vapeur d’eau des gaz de combustion qu’elles condensent et qu’elles transforment ensuite en chaleur. Ce modèle permet un rendement très important, mais surtout il réduit considérablement les émissions de CO2.

Dans les deux cas, ces chaudières permettent de réaliser des gains de consommation de l’ordre de 12 à 20 % par rapport à un modèle standard tout en apportant un confort équivalent voire supérieur.

Les chaudières fonctionnant au bois ont elles aussi des avantages économiques et écologiques indéniables. Le bois est en effet une énergie renouvelable abondante et moins chère que le pétrole ou le fioul. On distingue trois types de chaudières “bois”, utilisant des bûches, du bois déchiqueté ou des granulés. Il existe de nombreux modèles plus ou moins performants, mais il est préférable d’investir dans une chaudière en tirage inversé ou en tirage forcé, ces deux techniques améliorant la qualité de la combustion et réduisant les émissions polluantes.

L’énergie solaire

Gratuite et inépuisable, l’énergie solaire est pourtant peu exploitée en France. Rangé au 4e rang européen, derrière l’Allemagne, la Grèce et l’Autriche où le solaire connaît un vif succès depuis plusieurs années (source Agence De l’Environnement et de la Maîtrise des Energies), notre pays connaît pourtant un ensoleillement suffisant pour réaliser des installations solaires sur l’ensemble du territoire. Il est donc temps de rattraper ce retard en s’équipant de systèmes solaires qui assurent la production d’eau chaude sanitaire et de chauffage.

Pour cela il faut investir dans un chauffe-eau solaire. Celui-ci fonctionne très simplement. Des capteurs solaires sont intégrés au toit et récupèrent la chaleur. Il faut préciser que certains fabricants proposent des modèles de capteurs très esthétiques qui s’harmonisent à la toiture. La chaleur est ensuite acheminée par un fluide caloporteur vers un ballon d’eau chaude solaire. Si la température souhaitée n’est pas atteinte dans le ballon, une chaudière d’appoint fonctionnant au gaz, au fioul ou au bois prend alors le relais.

L'énergie nécessaire au chauffage est diffusée dans la maison grâce à deux techniques, l’hydro-accumulation et le plancher solaire direct. La première solution fonctionne à l’aide d’un ballon de réserve tampon. Lorsque l’ensoleillement est suffisant, le fluide caloporteur chauffe l’eau de ce réservoir. Cette eau chaude alimentera ensuite les radiateurs, de préférence fonctionnant à basse température, ou le plancher chauffant. Le plancher solaire direct permet quant à lui au fluide caloporteur de circuler dans les tuyaux d’un plancher chauffant. Une dalle de béton recouvre ce dernier, avec pour fonction de stocker l’énergie et de diffuser la chaleur. Pour pallier les déficits d'ensoleillement de certaines régions, une source d'énergie d'appoint s'impose. Il peut s’agir d’une cheminée, d’un poêle à bois ou de convecteurs électriques.

Les pompes à chaleur

Les pompes à chaleur permettent de prélever dans l’air, dans l’eau ou dans le sol une énergie suffisante pour se chauffer. On distingue trois types de pompes. La première puise les calories dans l’air extérieur. E l l e s’avère plus économique qu’une pompe à chaleur utilisant une autre source d’énergie, mais elle offre des performances légèrement inférieures. La deuxième s’alimente en calories dans un point d’eau souterrain (nappe phréatique). Si son coût d’investissement est plus élevé, ce type de pompe offre une grande stabilité de température. Enfin la dernière, dite géothermique, récupère l’énergie stockée dans la terre. Son coût d’investissement est le plus élevé, mais son rendement est le meilleur. Dans les trois cas, la chaleur puisée est ensuite restituée à l’intérieur du logement par le réseau de chauffage.

Régulation et programmation

La régulation permet de maintenir la température intérieure à une valeur constante quelle que soit la température extérieure. La programmation permet de faire varier la température en fonction des besoins et de l’occupation du logement. Malgré leur efficacité, ces procédés sont encore trop peu utilisés.

Il faut savoir qu’un degré de trop par rapport au besoin réel en chauffage correspond à 7 % de consommation supplémentaire et, par conséquent, à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (sans parler de la facture).

Pour lutter contre cela, il suffit d’équiper son habitation d’un thermostat d’ambiance ou d’une sonde extérieure, avec horloge de programmation ou programmateur, et de privilégier les robinets thermostatiques sur les radiateurs. Ainsi équipés, vous pourrez limiter vos consommations d’énergie tout en gardant un réel confort de chauffage.

Enfin sachez que si décider d’économiser de l’énergie et de réduire les émissions de gaz à effet de serre représente un investissement financier parfois lourd, plusieurs solutions s’offrent à vous pour vous aider dans cette démarche (voir ci-dessous).

LA LOI DE FINANCES 2005 A INSTITUÉ UN CRÉDIT D’IMPÔT “DÉVELOPPEMENT DURABLE“ POUR INCITER À INVESTIR DANS DES ÉQUIPEMENTS PLUS PERFORMANTS EN MATIÈRE DE CHAUFFAGE ET/OU UTILISANT DES ÉNERGIES DITES RENOUVELABLES. LES PRODUITS CONCERNÉS SONT LES CHAUDIÈRES À BASSE TEMPÉRATURE, À CONDENSATION ET À BOIS (CRÉDIT D’IMPÔT DE 15 % À 40 % SELON LE MODÈLE CHOISI), LES SYSTÈMES DE RÉGULATION DU CHAUFFAGE AVEC PROGRAMMATION (CRÉDIT D’IMPÔT DE 25 %), LES ÉQUIPEMENTS UTILISANT LES ÉNERGIES RENOUVELABLES COMME LES INSTALLATIONS SOLAIRES THERMIQUES ET LES POMPES À CHALEUR GÉOTHERMIQUE OU AIR/EAU (CRÉDIT D’IMPÔT DE 40 %). LES BÉNÉFICIAIRES SONT LES PROPRIÉTAIRES OU LES LOCATAIRES AYANT EFFECTUÉ DES DÉPENSES DANS LEUR RÉSIDENCE PRINCIPALE ACHEVÉE DEPUIS PLUS DE DEUX ANS. LE CRÉDIT D’IMPÔT PEUT SE CUMULER AVEC UNE TVA À TAUX RÉDUIT (5,5 %) POUR LES LOGEMENTS ACHEVÉS DEPUIS PLUS DE DEUX ANS. À LA DIFFÉRENCE DU CRÉDIT D’IMPÔT, CELLE-CI EST ACCORDÉE AUX PROPRIÉTAIRES POUR LES RÉSIDENCES SECONDAIRES AUSSI BIEN QUE PRINCIPALES. DE NOMBREUSES INFORMATIONS SONT DISPONIBLES SUR LE SITE DE L’ADEME (WWW.ADEME.FR).

01/02/06