Chauffer utile et malin

Economiser l'énergie

Lorsqu'on occupe une maison quelques semaines par an, il faut bien choisir son mode de chauffage. Le bon compromis : préserver la planète et ménager son portefeuille, le confort en sus. Conseils.

Chauffer utile et malin

À l’évidence, vous ne ferez pas les mêmes choix de chauffage pour votre résidence principale que pour une maison dans laquelle vous ne passez que les weekends et les vacances. Avant de vous lancer, prenez le temps de définir vos besoins. Procédez d’abord à un check-up complet de votre logement : murs, planchers, toitures, surfaces vitrées... celui-ci doit être bien isolé ! Sinon, le chauffage que vous y installerez chauffera bien... l’extérieur. Si nécessaire, engagez donc des travaux d’isolation. C’est la règle numéro un pour faire des économies d’énergie !

Une palette d’énergies

Gaz, solaire, bois... Pour les novices, difficile de savoir quelle énergie choisir pour chauffer son “home sweet home” ! En tête du hit-parade, on retrouve toujours le gaz et le fioul. Pourtant, leurs inconvénients sont réels : le stock de ces énergies fossiles diminue, pendant que leur coût suit la courbe inverse. D’autres solutions sont bien plus écologiques. Ainsi, les énergies renouvelables ont fait leurs preuves en matière de chauffage. Plus protectrices pour la planète, elles permettent aussi de faire chuter la facture. D’abord, il y a le chauffage solaire. Contrairement aux idées reçues, l’intérêt de ce type d’énergie est sensiblement identique sur tout le territoire français. Principe : le rayonnement solaire est transformé en chaleur par des capteurs thermiques. Un système solaire combiné permet de fournir l’eau chaude sanitaire et une partie du chauffage. De son côté, le bois se défend mieux que bien. Ses atouts sont nombreux. Énergie renouvelable, c’est un combustible très économique face à la montée constante des prix du fioul et du gaz. D’après une enquête du Ceren (Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie), six millions de maisons individuelles en France sont équipées d’un appareil de chauffage au bois.

Bien s’équiper

Si vous décidez d’opter, comme une majorité de Français, pour le gaz et le fioul, il est important de choisir des équipements très performants. N’hésitez pas à changer votre chaudière si celle-ci a plus de quinze ans. Les modèles récents permettent d’économiser plus de 30 % d’énergie par rapport à leurs aînés. C’est le cas des modèles basse température, et surtout à condensation. Si vous votez “solaire”, sachez que l’investissement sera plus lourd au départ, mais qu’il sera très vite compensé à l’utilisation. Pour l’installation de 20 m2 de capteurs (150 m2 de surface chauffée), il faut compter entre 20 000 et 25 000 €. Plébiscité à l’heure actuelle en France, le plancher chauffant basse température est constitué de tubes noyés dans une dalle de béton. Il complète l’installation solaire. Sa surface diffuse une chaleur douce et régulière, synonyme de confort maximal. Mais le chauffage ne pouvant provenir à 100 % du soleil, il faut compléter avec une énergie d’appoint : une cheminée, un poêle à bois ou des convecteurs électriques feront parfaitement l’affaire. La pompe à chaleur, elle, récupère l’énergie gratuite et inépuisable stockée dans le sol, l’air ou encore l’eau des nappes phréatiques, et la restitue pour chauffer l’ensemble de la maison. L’investissement de départ est assez lourd : de 70 à 100 € TTC par m2 chauffé. Mais à moyen et long terme, vous serez gagnant : comptez de 2,30 à 3,50 € TTC par m2 et par an pour le fonctionnement d’une pompe à chaleur. En résidence secondaire, la fréquence de présence dans le logement étant beaucoup plus faible, l’avantage est au chauffage au bois dit “indépendant” : foyer fermé et insert (de 1 000 à 3 500 € pour un appareil “Flamme verte”), ou poêle (de 600 à 3 500 €). L’investissement sera alors beaucoup plus faible que pour une chaudière (de 5 000 à 15 000 €). Mais rien ne vous empêche d’opter quand même pour une chaudière, sachant que l’amortissement sera alors plus long que dans votre résidence principale. Quelle que soit l’option retenue, le rendement de votre appareil de chauffage dépend beaucoup des caractéristiques du combustible. Les feuillus durs (chêne, hêtre...) sont les plus appréciés pour le chauffage domestique, à l’exception du châtaignier, car celui-ci éclate en brûlant. Les feuillus tendres et les résineux (épicéa, sapin, pin...) brûlent plus vite. La combustion de bois humide est déconseillée, parce qu’elle libère beaucoup de substances polluantes, qu’un bois humide fournit environ deux fois moins d’énergie qu’un bois séché, et que le matériel s’encrassera plus vite, au risque de se détériorer. La société Tifon s’est spécialisée dans les récupérateurs de chaleur pour cheminées à foyer ouvert. “Nous proposons un système à poser directement dans la cheminée, explique Olivier Leroux, responsable de l’agence Tifon à Nogent-sur-Marne. Le feu est fait dessus, et la chaleur dégagée par les braises est utilisée pour chauffer le logement. Son coût se situe entre 1 000 et 1 200 €, prêt à fonctionner. Nous en vendons beaucoup dans les résidences secondaires, car un récupérateur de chaleur permet de chauffer la pièce à vivre pour un coût dérisoire. Avec notre système, on peut ainsi gagner 5°C en une heure.”

Bien piloter le chauffage

Pour faire un maximum d’économies, rien ne vaut l’installation d’une régulation et d’une programmation. La régulation permet de maintenir la température à une valeur choisie, constante et sans à-coup. Quant à la programmation, elle complète la régulation en fonction du moment de la journée (jour/nuit) et de la semaine (jour ouvrable/ week-end). Les deux options combinées assurent un confort optimal et sans gaspillage ; leur utilisation est donc particulièrement conseillée en résidence secondaire. Les températures idéales recommandées sont 21°C dans la salle de bains, 19°C dans les pièces à vivre et 17°C dans les chambres. Un degré en moins, c’est 7 % d’énergie économisés !

Du neuf avec du vieux

Enfin, sachez que pour apporter un “coup de neuf” à votre vieille cheminée sans tout casser, plusieurs solutions s’offrent à vous. La moins coûteuse consiste à redonner un coup de peinture, voire de patine, ou poser un stucco pour plus de style. On peut aussi glisser un nouvel insert (bois ou éthanol) dans sa cheminée à foyer ouvert. Option plus luxe (à partir de 2 000 € chez les cheminées Jean Magnan) : faire installer un manteau de cheminée (autrement dit, une façade) sur mesure par un pro. En marbre, en bois ou en brique, classique, rustique ou design, tous les styles sont permis. Autre option écolo pour se chauffer : le “puits canadien”. Par des tuyaux enterrés dans le sol, ce système utilise l’énergie géothermique de manière passive pour rafraîchir la maison et été et la réchauffer en hiver. Futé et économique !

L’AVIS DU PRO

Damien Mathon, délégué général adjoint du Syndicat des énergies renouvelables

Le label Flamme verte certifie qu’un appareil de chauffage au bois consomme peu de combustible et pollue faiblement. Concrètement, il garantit un rendement donné (70 % minimum pour un poêle à bois) et un taux maximum de monoxyde de carbone de 0,6 %. Un rendement élevé signifie moins de consommation de bois. Cela permet de réduire sa facture de chauffage, et de diminuer les émissions issues de la combustion du bois. En effet, le bois est neutre au niveau CO2 (en brûlant, il rejette uniquement la quantité de gaz carbonique absorbée pour sa croissance). Mais dans certaines conditions (appareil vétuste, bois pas assez sec), il peut émettre des substances polluantes.

STÉPHANIE PAICHELER